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wonderland

Série en cours


A propos de Wonderland :

    Au commencement, il y a l'innocence d'Alice. Cette étrange pureté qu'on dit propre à l'enfance, ces visages blancs, qui, derrière des prunelles candides, cachent des cauchemars.  Et puis, il y aussi le terrier du lapin. Un tourbillon, un point de non retour vers l'infini des songes. Le voile entre les mondes se déchire et l'enfant aperçoit, sous la toile poussée par un souffle invisible, un au-delà attirant et pourtant effrayant. La part sombre d'Alice se révèle. La prétendue pureté d'un corps à peine pubère vient mourir sur la grève. La part sombre d'Alice. La part adulte d'Alice.

Jetée, projetée dans ce tunnel sans fin,  caressée par un vent tour à tour glacé et puis brûlant, enivrée par la fiole empoisonnée du temps : "drink me", grandis, oublie! Derrière le mirage du changement, de l'autre côté du miroir, la Reine de Coeur s'enferme dans ses cris. Un rictus se fige sur la femme en devenir, sur l'épouse de la forêt, la mort aux doigts de rose s'invite dans le rêve.

Et si Alice rencontrait Barbe-Bleue?

Une goutte de sang et puis deux, Alice sur le chemin mystérieux... Au milieu des arbres mourants, l'enfant se sent regardée, épiée. Dans l'obscurité des frondaisons flottent des yeux sans visage, le sourire du Chat de Chestershire, ou bien encore, peut-être, la démence d'un bourreau égaré dans l'histoire...
Cours Alice, cours, reprends à reculons ce chemin sans issue. Mais le souvenir de l'enfant qu'elle était a déjà disparu du corps d'Alice, du coeur d'Alice. Le passage se referme et la clef de la cage tourne dans la serrure.  Toujours, à jamais, nous sommes prisonniers du lapin blanc. 

"Comment savez-vous que je suis folle ?" demanda Alice.

"Tu l'es -dit le Chat-  sinon tu ne serais pas ici".  

"Si tu connaissais le temps comme je le connais" dit le Chapelier
Tag(s) : #Textes sur série
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